Enfant prodige, Geneviève Laurenceau a su trouver dès son plus jeune âge ce qui fait d’elle aujourd’hui une violoniste exceptionnelle et une femme accomplie. Partie très tôt étudier avec les plus grands (Zakhar Bron, Jean-Jacques Kantorow, Irina Botchkova, Wolfgang Marschner) elle a assimilé les différentes influences russes, allemandes et françaises en une synthèse naturelle. Une force tranquille comme il y en a peu, qui de ses coups d’archets efface les aspérités et amène la pureté par de grandes lignes dessinées avec simplicité. Un véritable « violon du diable et du bon dieu » dont le chant et la plainte trouvent toujours leur écho dans la paix intérieure.
Ce serait nous tromper que de rapprocher son parcours de l’archétype des jeunes violonistes modernes talentueux : virtuose, acharnée du travail, très vite propulsée sur le devant de la scène grâce à ses victoires lors de différents concours (Novossibirsk, Académie Maurice Ravel, Violon de l’ADAMI,...), son histoire autant que ses idées se situent loin des sentiers battus. C’est en sage qu’elle a préféré suivre sa voie, s’éloignant ainsi des chemins de carrière balisés, préférant aller fouler nu-pied les chemins de traverse, en ne cessant d'avancer, et avec toujours ce sourire qui est son vrai visage. Le résultat en est sa source : une violoniste certes surdouée, mais surtout le coeur et l’esprit en paix.
De son jeu, forgé à l’aune de la rigueur russe et modelé par le charme français, émane la force de son instrument et la poésie d’une femme dans une harmonie absolue. Une main de fer dans un gant de velours, qui fait de son jeu le reflet de sagesse enrobée de sensualité. Agitant de sa main droite un archet devenu pinceau, cherchant de sa main gauche les nuances dans une palette faite de bois ancien, où se mélange la pureté du son à la résonance, pour tracer des lignes à la rondeur apaisante. Sincère et juste dans sa déclamation, le chant de son Stradivarius devient le plus fidèle porte-parole des intentions de Geneviève Laurenceau. Et c’est là que la magie opère lorsque la technique se mue en nature, et le violon, devenant une simple extension de sa personne, ouvre la fenêtre de son âme.

